Didier Wampas évangélise les Mods !

En ce samedi 25 juillet, l’équipe au complet de « Gconcertcesoir » s’est donné rendez-vous au festival Rock en Stock à Etaples dans le Pas-de-Calais (62). La raison de notre venue : le concert des Wampas programmé ce soir là.
Avec Les Wampas, c’est une longue histoire d’amour qui dure depuis plus de 20 ans, on les aime, on les adore ! Pour inaugurer la rubrique interview, il nous semblait naturel de se tourner vers eux. Et c’est avec une extrême gentillesse qu’ils ont tous accepté de se prêter au jeu.
Nous arrivons sur le site du festival. De nombreux points de ravitaillements en frites ou bières locales et une micro scène qui servira aux fameux « Monthy Picon » lors des changements de plateau, le décor est posé ! Le festivalier local, à dreadlocks ou à crête, peu porté sur la dégustation d’eau minérale, investit les lieux, un immense chapiteau. Bon esprit général.
Il est 19H, comme convenu, nous appelons Didier Wampas afin de se rendre dans les loges, ici un camping car. Chacun à leur tour, Didier (chant/guitare), Eric (guitare), Nico (batteur), Tony (guitare) et Jean-Mi (basse) prennent place devant nous. Test micro et c’est parti !

Les Wampas

D’avis général, il est bon de venir dans le Nord faire des concerts. Plein de bons souvenirs et pour Nico il fait jamais trop chaud, c’est bien. Et pourtant le dernier concert tout le monde s’en souvient parfaitement, c’était à l’Aeronef à Lille en février dernier. Et pour cause, Didier est tombé de la scène et s’est pris la crash barrière ! Tony s’en souvient très bien, c’est lui même qui l’a emmené aux urgences ! Jean-Mi lui a bien flippé : « Même après, on avait peur pour lui, on était pas traumatisé mais presque ! Lui il voulait remonter sur scène mais les pompiers ne voulaient pas. Toute la nuit il était sous observations à l’hôpital, mais même pas de scanner ! Je trouvais ça un peu léger médicalement parlant. Je me demandais si j’allais le voir le lendemain matin… ». Bien heureusement rien de grave, Didier s’est totalement remis depuis longtemps et ne fais pas plus attention maintenant.

Le dernier album intitulé « Les Wampas font la gueule » est sorti en octobre dernier. Presque un an après, tous sont très contents de jouer les 3/4 des morceaux sur scène, chose rare. Didier n’écoute jamais les disques des Wampas. Une fois enregistré, c’est fini il passe à autre chose. Jean-Mi lui est content de la production, pas parfait mais super content dans l’ensemble. Enfin Nico ne l’a pas écouté depuis longtemps :  « j’arrive à une phase où je n’ai pas envie de l’écouter, je sais que je vais être déçu. Il y a la phase où tu le sors, t’es super content. Tu fantasmes à mort et après t’as le retour du public… l’album je ne sais pas quoi en penser aujourd’hui mais les titres en soi me plaisent beaucoup, je prends beaucoup de plaisir à les jouer sur scène, ils sont super durs. Et puis Didier a accepté de faire plus de musique sur cette tournée et c’est l’album qui a amené ça. Enfin c’est ce que je pense mais il avait peut être envie aussi de faire plus de musique sur scène, et moins « The Incredible show ».

Cette année gros changement pour le groupe le départ de Philippe Almosnino, à la guitare depuis 23 ans (NDLR: parti chez Johnny Hallyday) et l’arrivée du très sympathique Eric Starczan (guitariste dans General Elektriks) en mai dernier.
Tous sont très contents, ça se passe vraiment bien. Maintenant Tony se lâche un peu plus : « on se régale, on s’éclate, on se fend la gueule, il est super cool. Musicalement, c’est impec ! Bon c’est un mod, il écoute des saloperies mais on va le mettre sur le droit chemin vite fait ». Jean-Mi, flippé au début (limite c’est la fin), a été vite rassuré à l’audition des trois guitaristes : « là je me suis dis que ça le fera, ça sera autre chose mais ça le fera ! Et là ça le fait grave, on s’amuse ». Nico est du même avis : « ça fait du bien. On redécouvre les morceaux. On a pas le choix c’est comme ça mais surtout on a pas l’impression de faire marche arrière, c’est autre chose. C’est beaucoup moins dur que pour Marc Police, ça aide à relativiser. On tournait en rond musicalement, ça s’entendait je trouve ! Et puis il y a une remise en danger qu’il n’y a pas eu depuis longtemps. Sur scène, il amène de la fraîcheur mais ça c’est normal c’est la nouveauté. Phil avait pris le rôle de chef d’orchestre, maintenant, c’est un peu plus free. Les premiers concerts, on a pu être un peu moins efficace mais on est entrain de trouver un nouvel équilibre naturel. En tant que musicien, au niveau de l’énergie, de la maîtrise de la rythmique, je me pose pas de question. Avec Phil je me battais en permanence sur le tempo, je luttais, alors parfois ça créait une tension intéressante mais souvent aussi des déséquilibres dans le positionnement. Ça ne se joue pas à grand chose un groupe de rock qui joue vite et bien. Eric arrive à faire oublier des parties qui sont là depuis toujours. Soyons clair, on a fait une pause très longue, même si on répétait un peu et fait quelques concerts, on ne savait pas trop où on allait. Je pense que Didier avait fondamentalement besoin qu’il se passe quelque chose, notamment dans la relation avec Phil en terme de compo et d’affinité. Je pense que l’affinité avait disparu. Et donc on se retrouve dans un truc quand même rigolo, il y a du neuf quoi ! C’est un peu dur car ça se fait sur le dos de Phil mais on ne l’a pas viré, c’est lui qui est parti. Moi j’ai envie que ça continue. La pause de cinq ans nous a fait revenir un peu en arrière en terme de public, il a fallu reconquérir le terrain quoi. L’envie était insupportable tellement elle était là. Aucun plein de carrière, comme d’habitude, juste faut pas que ça baisse ! »

Les Wampas

Après avoir vu les Wampas lors d’un Zénith de Paris et après avoir écouté le titre « Manu Chao » à la Fnac, Eric a rencontré Philippe quelques années plus tard. A bientôt 35 ans, Eric Starczan intègre Les Wampas. Il nous raconte ses débuts, ses influences et ses premières sensations avec les Wampas.
« J’ai commencé la guitare vers 8/9 ans. Mon père était guitariste donc il y a toujours eu des guitares à la maison, planquées en haut des étagères petits mais elles sont vites descendues. J’ai la chance d’avoir un frère jumeau et un grand frère, on s’est tous mis à jouer d’un instrument différent : moi j’ai commencé par la batterie puis je me suis mis à la guitare, mon frère aîné à la batterie et mon frère jumeau à la basse. On a eu de la chance de faire de la musique très tôt et de pas à avoir cherché des copains du lycée qui écoutait plutôt de la merde comme Korn et tous ces groupes merdiques. On faisait du blues avec les frangins et mes parents avaient acheté une camionnette pour nous amener dans les bars à l’âge de 15/16 ans ; le samedi soir on partait en famille sillonner la Lorraine. On se payait la sono comme ça.
J’ai toujours voulu faire ça ! J’aurais peut-être dû faire trader, si j’avais eu la même passion pour les finances, ça aurait peut-être était mieux aujourd’hui, mais non c’était la guitare ! Le blues surtout, je viens du blues. La culture Mod me fascine. Mes parents avaient une super collection de vinyles, de blues, de jazz et disons que les Mods se retrouvent vachement dans ces musiques. J’aime bien les belles choses, donc les beaux habits, les beaux scooters, les belles filles… J’adore les trois kings : Freddy King, Albert King et BB King, mes blues man préférés. Ils partagent le même patronyme et j’adore le blues vraiment des années 40 à 70. J’aime la northern soul et le rock anglais : Kinks, Who… Je ne connais pas la variété française, je n’ai pas cette culture. A la maison c’était soit du rock, du blues soit c’était un disque de Léo Ferré soit de Jacques Brel… Ah si ! J’ai écrit une lettre à Jean Ferrat, j’étais assez fan tout petit. Et mon père est fan de Charles Trenet aussi.
Si je ramène du neuf aux Wampas ? C’est pas les amplis, j’ai que des vieux amplis.. En revanche, j’ai des cheveux ouais.. ! Plus sérieusement, le premier concert, je savais que ça allait être l’autoroute. J’ai eu un peu cette impression ! En plus on travaille avec des « ears », j’avais jamais fait non plus. Donc double peine pour le premier concert, sans trop de repet’. Je m’imaginais une espèce d’autoroute qui zigzag avec un bandage sur les yeux. Et ça s’est quand même plutôt bien passé car au final tout le monde se retrouve. Ce que j’ai ressenti c’est qu’au bout de tant d’années de rock’n’roll, et c’est pourquoi j’adore les Wampas, c’est un des seuls groupes français de rock qui vaut la peine : de super personnalités différentes et complémentaires de par leur ancienneté à jouer ensemble. Et ça j’adore ! Jean-Mi, il a son jeu, son style. Enfin ça me fait vraiment penser au groupe de rock des années 60, moi j’adore les groupes anglais qui avaient des personnalités carrément différentes, quand tu les mets tout seul ce n’est pas des virtuoses, Niko c’est pas un virtuose de la batterie mais j’adore son groove. C’est comme un bon vieux vin, Les Wampas c’est ça.
Ce que j’adore vraiment chez Didier, c’est son côté non matérialiste ! C’est-à-dire que ça fait 30 ans qu’il sillonne les routes de France et de Navarre avec l’étendard du rock et il n’a pas un ampli. Il m’a engagé parce qu’il a su que j’avais pas mal d’ampli. Que je jouais bien ou pas je pense qu’il s’en fout. Non mais, j’ai encore du mal à comprendre le personnage de Didier Wampas mais je me fais une petite idée. Je découvre des choses. Je suis tombée sur l’interview de Didier dans La Croix que j’ai trouvé super. Il est mystique en fait. Même quand il mange un burger, on peut voir son mysticisme dans sa façon de manger. Moi qui suis totalement athée, je ne pensais pas que j’allais trouver la foi dans les Wampas. Toto c’est une super rencontre aussi. J’adore ! J’ai été à Sète en vacances, il m’a montré sa collection de guitares et de vinyles…J’ai rencontré que des mecs supers ! Bon l’éclairagiste, il est sur la sellette, parce qu’il parle beaucoup beaucoup… Non mais c’est super ! Bravo les Wampas !
General Elektriks ? Toujours d’actualité ! On repart en tournée l’année prochaine en février (NDLR : le 31 mars au Trianon à Paris). Un super projet que j’ai intégré en 2009. C’est vraiment spécial, on va dire funk un peu futuriste, soul, un peu de tout. C’est un mélange de plein style, électro funk. Un peu sur le même modèle que les Wampas : c’est surtout le leader qui apporte le projet, les chansons, la vision du truc. Je pense en plus que les Wampas ont trouvé un peu leur façon de faire, avec Didier qui ramène la chanson. Je crois que ça marche bien comme ça. Il m’a expliqué un peu comment ils faisaient : Didier écrit plein de chansons et puis le jour même, sans démo, tout le monde interprète le truc et ça fait quelque chose de super frais. Après je ne suis pas contre de jammer autour d’un riff pour ramener ma patte. Je vais proposer à Didier de venir faire un tour à Metz chercher un ampli et en même temps on pourrait jammer.
On m’a dit que Les Wampas tournaient tout le temps, moi au début j’ai pris la tournée comme ça, je ne savais pas qu’il y avait des concerts l’année prochaine. Mais oui je pense que ça va bien s’arranger. Il n’y aura pas moins de concerts des Wampas parce que je pars en tournée avec General Elektriks ! Et j’ai pas envie de me faire remplacer ! Hors de question ! Jusqu’à la mort ! Je pensais à ça tout à l’heure, Philippe il a fait plus de 20 ans, si dans 20 ans Didier jette encore la chaise dans le public… Ceci dit j’ai vu les Who ya pas longtemps, 70 ans ils tiennent la baraque, donc pourquoi pas, en plus comme il est très sain.. 30 ans je serai là ! je vais vite lui prêter un ampli avant qu’il me vire ! J’espère rester longtemps, tant qu’ils voudront de moi. J’essaye de faire le mieux que je peux. Hein Didier ? (DW : oui mon lapin). J’aime bien quand il m’appelle mon lapin, je me sens privilégié ! »

Un des premiers concerts où Eric était présent, et pas des moindres : le concert donné au Hellfest le 21 juin dernier. Programmés sur la scène punk (« warzone »), c’était pas si différent d’un autre festival. « Mais c’était le cirque, c’était bien ! un peu Disneyland » pour Didier.
Pour Nico, avec la première partie d’Indochine au Stade de France, c’est le plus beau souvenir de sa vie : « J’ai pris une claque ! Pas d’être sur scène, mais j’ai mis trois jours à redescendre de cet espèce de déconnexion totale avec la vraie vie. Je pense que quand tu fais de la musique à 20/25 ans c’est ce qui te motive à continuer, au début tu te déconnectes, un peu comme une défonce : entre le stress, le flip, le bien être, on te chouchoute en même temps de t’attendre au tournant. Et là au Hellfest ça faisait des années que je n’avais pas ressenti ça. C’était pas un challenge, je savais que ça allait bien se passer. On a été se promener avec Jean-Mi l’après-midi pour s’imprégner de ce que les gens ressentait. Et j’ai vu des gens libres, détendu car libres et j’ai senti ça. Je suis restée cloué au plafond… »

Les Wampas

Dans l’actu des Wampas, Didier nous annonce la sortie d’une compilation sous la forme d’un coffret : 1 CD Best of+ 1 CD d’inédits et de raretés, dans les bacs probablement pour la date parisienne (NDLR : 3 octobre au Casino de Paris). Nico est très content qu’il y ait un Best of : « Je suis le seul à avoir fait tout les albums avec Didier. On en aura qu’un Best of, faut pas rêver, on va pas en faire un deuxième dans dix ans. On a insisté pour que ce soit les versions d’origine, les rejouer rimerait à rien. Et puis, c’est l’occasion de communiquer sur la longévité du groupe, ce que l’on a jamais fait. Pour l’instant, je déteste les pochettes proposées. Je m’en suis toujours foutu mais là pour le Best of je vais les emmerder jusqu’à ce qu’il y ait une pochette qui me plaise ». Jean-Mi et Tony n’y voit pas trop d’intérêt à part sortir quelque chose. « La réalité c’est qu’on existe pas en disque réellement, on existe sur scène. La discographie des Wampas, c’est l’ébauche du morceau et tout est sur scène ! Je vois comment on joue les morceaux maintenant et comment on les a enregistré, il y a une grande différence », dit Jean-Mi. Et pour ceux qui veulent découvrir les Wampas, Tony leur conseille de « télécharger et de ne pas nous faire chier. » Autre actualité, la sortie du DVD For The Rock 3 (ndlr : un rockumentaire de David Vallet consacré au groupe), qui sortira sans doute à la fin de l’année. En ce qui concerne la tournée, « tant que tout le monde est disponible et qu’il y a des concerts, on tournera », dit Didier. Bonnes nouvelles !

Des rééditions vinyles ? Didier dit oui si quelqu’un veut bien s’en occuper : « On est un peu nul pour ça, on a même pas de t-shirt, de merchandising sur la route. » Nico pense qu’il faut le refaire (NDLR : une seule réédition pour le moment celle de Tutti Frutti), aucune raison de pas le faire surtout qu’il n’ya eu aucun vinyle entre «  Simple et tendre » et le dernier album.

En ce qui concerne l’actualité de Tony, un vinyle enregistré en Louisiane devrait sortir et il espère enregistrer bientôt avec les Daddy Long Leg. Les Fleshtones viennent de sortir un 45 tours, Tony joue dessus sur le titre « Dominique Laboubee », il fait le solo de guitare et les chœurs avec Keith et Ken. Des rééditions digne de ce nom pour les Dogs, un jour ? « j’ai déjà du mal à sortir les trucs de maintenant alors les vieux trucs je m’en fous ! »

Tony n’est pas le seul à faire des projets en solo, Didier en a eu plusieurs ces dernières années : « ça m a fait du bien, avant avec Les Wampas, on répétait deux à trois fois par semaine et on était toujours en concert. Petit à petit les autres membres du groupe sont partis vivre en province, on ne répète plus jamais. J’ai besoin de faire de la musique, de faire des trucs. Ça me manquerait trop, je serais frustré, heureusement que j’ai fais autre chose. Même Tony est parti, Éric vit en province, Nico aussi. Pour répéter on doit caler six mois avant. J’aurais pas pensé faire tous ces projets, c’est le hasard total. Je suis vachement content de tout ça ». Pour Nico, c’est pas vraiment un problème : c’est plutôt que les vies ont évolué. On est quand même arrivé dans une zone où peu de gens y vont, un échange artistique depuis autant d’années sans interruption ! C’est simple, on se parle et on se voit que pour faire de la musique. Il n’y a plus de connexions hors ça. Je pense que ça a tenu aussi car on prend nos distances humainement parlant les uns par rapport aux autres. Après je parle pour moi, mais j’ai construit ma vie autour du groupe. Tout ce que j’ai fait et ce que je fais, c’est pour avoir le temps de bien faire les Wampas, en permanence. J’ai toujours fait ce qu’il fallait pour que ça soit faisable ». Didier aimerait bien refaire un truc avec les Bikini Machine : « le disque est bien mais un peu saboté par l’ingénieur anglais (NDLR: Liam Watson). Si on l’avait fait comme on voulait le faire chez les Bikini dans leur local, ça aurait été dix fois mieux. J’aimerais faire un disque qui sonne bien avec eux. »

Autre projet solo de Didier : Sugar & Tiger, groupe composé avec ses enfants, sa fiancée Florence et Jean-Mi. Ils viennent de terminer l’enregistrement du prochain album (NDLR : au studio 180 à Paris) qui sortira en principe en janvier. Deux dates sont prévues en septembre déjà. Jean-mi en est très content :  « j’ai écouté les mises à plat cette nuit, je suis très content sauf qu’il y a deux morceaux que j’adorais qui n’y seront pas ». Autant il n’est pas persuadé par le disque et les concerts avec les Bikini Machine, autant Nico trouve Sugar & Tiger mortel : « le concept est super d’abord, c’est la « Adams family ». Qu’il y ait Jean-Mi dedans, c’est super aussi car c’est un très bon musicien et c’est la preuve qu’il peut y avoir des passerelles. Impatient de faire le double concert, pas encore programmé et qui arrivera peut-être jamais, mais ça m’excite ! Didier a pas le même rôle et jouer avec ses enfants, ça doit être énorme. Et puis il a des gamins intelligents, doués, adorables. Respect ! »
Didier pense à d’autres collaborations prochaines notamment avec Loran Beru : « on doit faire un truc ensemble mais on n’a pas le temps. Faut que j’aille en Bretagne 3/4 jours, on verra ! Il n y en pas tellement en France qui font de la musique totalement sincèrement comme Loran, Schultz. Tellement de gens qui font ça pour avoir leur intermittence… La mort de Shultz c’est triste mais en même temps il l’a cherché. Il boit comme un cochon, à un moment tu t’étonnes pas. Ça m a fait de la peine ».

Didier Wampas

La relation entre les fans et Les Wampas est assez forte, certains depuis les années 80. Tout est parti du forum sur le site Internet des Wampas qui maintenant est quasi abandonné. « Enfin moi j’y vais jamais », dit Didier. « On se rencontre dans les concerts mais y a plus le forum, ça manque un peu. Je suis content qu’il y ait des groupes (NDLR : Les Dead Boobs, Effello..) qui se réclament de nous, enfin qui existent un peu parce que nous on a existé. »

Mais Didier est aussi toujours fan de cyclisme et notamment du Tour de France : « c’est le seul sport que je suis, rien d’autre le reste de l’année. Heureusement que j’aime pas le foot, je passerais tout mon temps à suivre les championnats. Et j’adore faire du vélo dans Paris. La performance de Froome ? Comme tout le monde je n’en sais rien. Il est fort, aujourd’hui il a craqué mais c’est lui qui gagne le tour cette année. De toutes façon dans le vélo, on va dire obligatoirement qu’il est dopé ! »

Mais revenons à la musique ! « La musique, c’est l’art qui me touche plus que tout, c’est ma vie, ce qui me touche par dessus tout que ce soit le rock, le jazz, le classique ! » nous dit Didier. Le seul groupe dont Didier a été fan avant de faire de la musique, ce sont les Coronados. Ils continuent de jouer Revanche, la plus vieille chanson qu’ils jouent sur scène d’ailleurs. Il y a tous les classiques Ramones évidemment. Même s’il nous avoue ne plus écouter : « c’est quand même le meilleur groupe de rock’n’roll de tous les temps. « It s Alive » c’est une sorte de must absolu ! ». Son coup de cœur du moment : Fidlar (NDLR : « Fuck it Dog, Life’s A Risk », un groupe punk californien qui tourne notamment avec The Black Lips) et beaucoup de country : « sur Apple music, ils te proposent des listes sans arrêt et comme j’écoute beaucoup de country, ils me balancent plein de titres chaque jour ! ».
Tony, lui, vient d’acheter un vinyle du Mime Marceau sorti en 1967 sur MGM : « Marcau », les 13 min de la face A c’est un silence et à la fin des applaudissements ; pareil sur la face B. C’est son disque préféré en ce moment. Sinon, il aime bien les GriGris, « des mômes de Montpellier entre les Yardbirds et les Chocolate Watchband », les Daddy Long Legs, Bloodshot Bill, Daniel Jeanrenaud : « ceux qui font du rock’n’roll quoi et pas de la musique de fiottes. »
Pour Jean-Mi, la musique « c’est pas de la culture, c’est un médicament. Je prends de la soul américaine, du reggae, je prends des morceaux tristes. J’ai pas une culture rock’n’roll plus que ça. Contrairement à Didier et Tony, avec Nico, on est pas des passionnés, on a des goûts mais l’essentiel c’est que j’aime jouer et puis vivre à côté, faire autre chose. Mais j’ai pas cette culture. »
Ce que confirme Nico : « plus ça va et moins je suis curieux. Je réécoute ce que j’écoutais à 14 ans pour essayer de comprendre ce qu’il y avait dedans qui m’a plu, ces morceaux qui m’ont fait arrêter d’écouter la radio. J’ai dix albums dans mon Iphone, je n’écoute que ça ! AC/DC, Let there be rock, fondateur, j’ai appris à jouer batterie dans ma chambre sur des bottins, Arcade Fire, pour moi un mélange de Springsteen et des Beach Boys, Grandaddy, M83, Pet Sounds, Velvet Underground, Eminem, le dernier Oasis, le meilleur de tous les temps, dont le morceau Shock the lightning, aurait pu être du Wampas, complètement passé à coté quand il est sorti alors que le son est énormissime, classe et simple avec très peu d’effets, les Ramones évidemment et puis le Harvest de Neil Young une fois par semaine, j’ai encore découvert des parties de guitare jamais entendu la semaine dernière. Ce qui est bizarre, c’est que je n’ai jamais acheté un disque, jamais ! J’ai commencé à jouer de la batterie à 14 ans, et tout est passé dans le matos. C’est mon frère qui achetait les Sex Pistols, les Ramones, UK Subs… Quand j’ai appris qu’on allait jouer ensemble (NDLR : au Casino de Paris), j’ai eu les larmes aux yeux une demi journée ! Pour moi, c’est plus important que les Sex Pistols et les Dead Kennedys, c’était fantastique au même rang qu’AC/DC. »

Pour finir, nous nous sommes intéressés aux concerts auxquels ils ont pu assisté en tant que spectateur. Ainsi le meilleur souvenir de concert de Didier, sans hésitation, les Cramps à Bobino : « j’ai jamais vu ça ! C’est la deuxième fois qu’ils jouaient en France. C’était la folie, tout le monde était sur scène. Je sortais de là, je volais… ». Son pire concert est celui de David Bowie en 1978 (tournée Heroes), « super déçu, il ne se passait rien, j’en attendais tellement ! » Il adorerait voir les Smiths… et son premier concert, c’était Higelin ou Genesis à la fête de l’Huma quand il étais petit.
Jean-Mi ne se rend que très rarement en concert : « je suis beaucoup moins impliqué et moins fan. En revanche mon émotion et mon envie de la scène est gigantissime. Ma vie elle est là ! Une seule fois, j’ai regardé un concert en entier. Je me lasse vite. »
Son premier concert, Nico l’a fait à 11 ans, c’était Alain Souchon à l’Agora d’Ivry (91) a l’époque des Poulaillers d’acajou :  »j’ai passé le concert à regarder les gens, j’ai halluciné, c’était trop cool de voir les gens réagir.  » Le premier vrai concert où il s’implique réellement : Sonic Youth et les Béru en 1985 avec Alain Wampas, ils sont partis en stop à Bourges les voir sous un petit chapiteau. Mais il n’arrive plus aller voir un seul concert sans se faire chier, « impression de voir tout l’envers du décor. Je regarde ce qu’il ne faut pas regarder. » Le dernier qu’il a apprécié : The Verve au Zenith, « une claque musicale » et Radiohead en 2001 sous le chapiteau devant le Stade de France.

En manque de bouquin à lire sur la plage ? Didier nous conseille un polar : « L’alignement des équinoxes » de Sébastien Raizer, fondateur des célèbres éditions du Camion blanc.

Et comme dit Tony, l’important ce sont les 3G : gnôle, guitare, gonzesse ! A bon entendeur…

Un énorme merci aux Wampas !
>> Photos du concert

3 commentaires

  1. […] Groupe de rock alternatif nominé aux Victoires de la musique en 2004 dans la catégorie « révélation scène » (hic!!!), Les Wampas jouent ce soir au Casino de Paris avec Tagada Jones et UK Subs. Leur premier Best Of sera en vente sur place (9 octobre dans les bacs). L’occasion de lire ou re-lire notre (unique) interview du groupe : Didier Wampas évangélise les Mods ! […]

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