Kraftwerk à Lille le 7 novembre 2015

Bonne surprise au mois de mars dernier quand fut annoncé le concert des pionniers de l’électro à Lille. Le groupe n’a pas joué dans la région depuis 1991 à Tourcoing. Les places étant parties tellement vite, un deuxième concert a été ajouté le même soir à 23H. C’est au premier concert (celui de 20h) que nous avons eu la chance d’assister.
Je ne sais pas si on peut parler d’un concert au sens traditionnel du terme. Pas d’instruments joués live, à la limite la musique pourrait être une bande son qu’on y verrait vu que du feu. La salle choisie pour les shows est l’amphithéâtre du Nouveau Siècle, qui bénéficie d’une acoustique parfaite, habituellement réservée à la musique classique.

Depuis plusieurs années, Kraftwerk tourne avec un « spectacle 3D ». Ce show a déjà été joué dans des endroits prestigieux tel que le Moma à New York en 2012 ou à la Tate Modern de Londres. Dès l’entrée on nous donne des lunettes, on s’installe dans les très confortables fauteuils de la salle. Et là on est parti pour deux heures qui ne ressemblent à rien de ce que j’ai pu vivre depuis que je vais à des concerts. Une expérience sensorielle véritablement unique, minimaliste, avant-gardiste.

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Les rideaux s’ouvrent. Les quatre bonshommes sont sur scène, chacun derrière un pupitre, juste un ordinateur et ils resteront statique pendant tout le show bidouillant leur ordi. Ils sont habillés dans une combinaison qui peut paraître ridicule au premier abord mais qui finalement est totalement raccord avec l’imagerie futuriste du show.
Le premier morceau « Numbers » nous captive, les chiffres défilent sur la calculatrice géante. Une fois de plus, le son est époustouflant : les basses ronflent, le son n’est pas trop fort, la dynamique du son précis, percutant. La rythmique métronomique, la voix passée au vocoider, les effets 3D subliment le nombre de tubes impressionnants du groupe. Ils y sont tous passés : The model, The Man machine, Computer love, Autobahn, Radio activity, Tout de France, The robots…..

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Le groupe : Ralph Hutter (69 ans, au chant et seul membre originel), Henning Schmitz, Fritz Hilpert et Falk Grieffenhagen quitteront la scène uniquement pour le fameux Robots aux rappels où là ce sont carrément des automates à leur image qui sont sur scène. Lors de l’intro de Radioactivity, les paroles sont réactualisés en hommage à Fukushima. Sur Spacelab, les images interactives nous montrent le vaisseau spatial survolant l’Europe, la France, le nord de la France, pour enfin atterrir sur le parvis du Nouveau Siècle.
Je ne suis pas « fin connaisseur » de la discographie du groupe mais ces deux heures m’ont paru bien courtes. Le final sur « Musique non stop », voit chaque musicien y aller de son solo avant de quitter la scène en saluant le public. C’est Ralph Hutter qui ferme la marche « bonne nuit, gute nacht, auf wiedersen ».
On est au delà du concert. C’est un spectacle qui nous fait revisiter l’histoire de la pop électronique. Un show moderne, sobre, futuriste, minimaliste et franchement envoûtant. J’étais à deux doigts de retourner au deuxième concert.

Un de mes meilleurs souvenirs de l’année. Chapeau à France Leduc d’avoir pu permettre que ces shows se déroulent à Lille. Et puis pas sûr d’avoir encore beaucoup l’opportunité de les revoir.
A noter que le 10 janvier à la Philharmonie de Paris et le 23 et 24 janvier au Channel de Calais aura lieu la création « L’homme machine » de la compagnie Cabaret contemporain avec la chanteuse suédoise Linda Olah qui propose une relecture acoustique des chansons du groupe.

www.kraftwerk.com

kraftwerk

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