Direction la Gaîté Lyrique pour le dernier concert de la tournée européenne de Courtney Barnett, le phénomène rock indépendant des deux dernières années. Les critiques sont toutes dithyrambiques, le public répond présent, les collaborations se multiplient et elle est nominée pour différentes récompenses prestigieuses. Arrivés trop tard pour la première partie, les australiens de Big Scary, nous prenons place dans cette finalement sympathique salle de la Gaîté Lyrique.
21h 30, le power trio déboule sur scène. D’emblée, on sent que le groupe est là pour assurer le show. Troisième fois que je les vois, de plus en plus wild, de plus en plus carré et on sent l’énergie de fin de tournée. Toujours cette nonchalance trop classe de la miss Courtney, sapée dans un t-shirt trop large du groupe INXS, australiens comme elles. On est obligé de penser à Kim Deal. C’est brut, c’est garage, c’est rock’n’roll, c’est le son indé des 90’s, c’est sacrément entêtant.
Le concert commence par le morceau d’ouverture de l’album SOMETIMES I SIT… : Eelevator opérator. On est frappé par la puissance du trio, la décontraction naturelle, le son déboîte. Je ne sais pas si c’est dû à la salle mais c’est le deuxième concert que je fais là-bas (Jon Spencer en octobre) et où les visuels derrière les groupes apportent une touche originale, arty, psychédélique du meilleur effet. Je pense que c’est dû à la salle qui se définit comme une salle dédiée aux « arts visuels ». En tout cas le résultat est convaincant.
Courtney est parfaite : elle est drôle, ses textes sont cyniques, on parle de pommes infusées à la nicotine, d’économies réalisées depuis qu’elle a acheté un moulin à café… Les mélodies n’ont l’air de rien au premier abord mais se révèlent plus qu entêtante. Le groupe joue super bien. Je l’ai suffisamment répété mais à mon humble avis, il s’agit du plus grand espoir dans le rock indie ces dernières années. Je suis persuadé qu’elle en a sous le capot et que les années prochaines, on va entendre à nouveau parler d’elle.
Un concert sans fautes : sans aucun temps morts, des morceaux enchaînés on a rien vu passer, un public conquis et à l’enthousiasme communicatif, le rappel avec le groupe de première partie pour une reprise des Saints Know Your Products tout en cuivre, un régal et enfin le final sur History Eraser : jouissif.
Un petit tour par le stand merchandising pour se procurer le 45 tours produit par Jack White. Et une excellente soirée de plus avec les australiens.
Setlist
Elevator opérator / Avant gardener / Dead fox / Small poppies / Out of the woodwork / An illustation of loneliness / Lance jr / Depreston / Canned tomatoes / Boxing day blues / Are you looking after yourself ? /Debbie downer / Kim’s caravan / Nobody care / Pedestrian at best // Know Your products / History Eraser