Nos nuits secrètes – phase 1 le sommeil léger

Nuits secrètes, nuits masquées, nuits de fêtes, nuits au presque parfaites…

Nos « Nuits » se sont passées et les étoiles ont brillé et c’est tout ce que nous retiendrons de ce chouette festival. Cette année j’ai été accompagnée d’un photographe que l’on apprécie tant par son humilité et sa sensibilité d’or que par son talent, Thierry Tonneaux. Je tenterai donc d’habiller de mes mots ces jolis clichés.

Cette édition de nos nuits fût teintée parfois d’incompréhensions. Non pas sur la qualité de la programmation et le niveau artistique toujours plus remarquable des artistes sur scène, mais quelques petits hics, quelques petits clacs, quelques petits clashs qui nous ont parfois rendus las. Nos nuits sous haute sécurité dans un périmètre très restreint par rapport aux éditions précédentes ont manqué de légèreté. Des files et des files d’attente à n’en plus finir pour la bière ou la restauration et autres petits besoins, des portes que l’on ouvre trop tard obligeant les premiers artistes à commencer leur prestation devant un parterre vide de public… En un mot un mauvais calibrage pour un festival qui pourtant décolle…

Les raffinés, les dérangés, les engagés…

Et 3 jours et 3 nuits par an, ce sont nos oreilles et nos corps que l’on offre à la musique en Avesnois. Aulnoye s’habille de lumières et d’étoiles et nos cœurs s’emplissent de bonheur et d’émotions. 3 jours et 3 nuits ça laisse le temps à la découverte et à la passion. Je vous propose donc de vous chuchoter dans le creux de vos oreilles les secrets partagés lors de ces douces nuits d’été. Je vous propose donc ce court voyage aux pays des songes à la rencontre des raffinés, des dérangés et des engagés…

Artistes doux, artistes fous… les raffinés à la musicalité affirmée, les dérangés aux élucubrations scéniques à vous couper vos nuits et les engagés que l’on veut suivre ou pas mais qui nous interrogent sur nous, notre société et notre regard tout au long de la nuit. Parfois les raffinés se font engagés et les engagés… dérangés ! Mais qu’importe tout je vous livrerai tout de nos émotions partagées.

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Notre première de nos trois nuits s’ouvre après le ballet tant connu des pass à retirer, des entrées de parking et de camping, identité, fouille des sacs, vérifications faites et me voilà enfin devant la grande scène. Le parterre est vide, presque vide… et Clara Luciani apparaît un ventilateur aux pieds pour faire voler ses longs cheveux bruns. La chanteuse à la moue boudeuse fredonne ses titres. Difficile d’être présente quand le public ne l’est pas. On ne peut que l’applaudir d’avoir relever le défi de chauffeuse de salle mais quel dommage de l’avoir programmée si tôt. La chanteuse ne s’est pas amusée et l’on comprend pourquoi.

Tamino un autre raffiné… Il se pose là. Seul. Homme du désert, homme de la complainte. Seul. Sa guitare et sa voix douce. On s’abandonne avec lui et l’on imagine le voyage, les dunes et la solitude. Seul, Tamino de sa voix grave est le conducteur de notre imaginaire. Les volutes de sa voix tel des signaux de fumée que pourrait former une cigarette abandonnée nous entourent et nous font nous balancer. Les musiciens arrivent et nos corps se meuvent petit à petit de plus en plus, nous dessinons de nos hanches des huit, des huit de l’infini…

« Please, don’t go I love you so… » ne faut-il pas être raffiné pour le déclarer dans une chanson ? ALT-J se produisait le samedi… et pour tout vous dire j’ai été désorientée par leur prestation. La scène pleine de lumières, de flash, de faisceaux lumineux, un show digne d’un Zenith et des tubes d’aluminium qui séparent chacun des membres du groupes. La voix était juste et nasillarde, une voix reconnaissable entre toutes mais il m’a manqué un peu de chaleur, un peu de douceur, un peu de complicité entre ces trois musiciens venus d’Angleterre. Le show s’ouvre sur Dead Crush, tout nouveau titre du leur tout nouvel album, choix judicieux pour une ouverture de concert. Puis les titres connus s’enchainent et laissent place à un titre de la dernière cuvée, de nouveau choix judicieux. Il faudra attendre la toute fin du concert pour entendre leur succès Matilda et le fameux Breezblocks… « Please, don’t go Please don’t go, I love you so… »

Dans une combi bleue sertie de couture rouge dessinée par Agnes B., Jain prend la scène. Rythmes afro pop, quelques rythmiques hip-hop hypnotiques la chanteuse s’affirme. Une jolie douceur dans sa voix et aux manettes de sa boite à rythmes, elle communique sa joie de vivre et une certaine insouciance qui nous fait plaisir à voir et à entendre. Douceur d’été, petite friandise rafraichissante, elle nous emmène en Afrique et en Inde en attendant la sortie de son deuxième album à la fin du mois et une tournée aux States.

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Tête d’affiche de la deuxième journée, ses fans ont répondu présents. Du tee-shirt déclaratif « Juliette, je t’aime » et le 06 du jeune homme inscrit au dos, aux fans qui connaissaient les chansons presque aussi bien que moi, le public a su rendre à la dernière date de Juliette Armanet la chaleur et l’émotion que la chanteuse partage dans son album. Ce concert s’annonçait pour moi empli d’un goût spécial: pas amer mais avec une certaine tristesse. L’album de Juliette, je l’ai écouté en boucle cet automne comme pour tenter de soigner mon cœur sauvagement brisé. Parce que Juliette parle d’amour et de ruptures en toute humilité. Jeune femme assurée dont les notes au piano bercent mon esprit… dans ses textes, on s’y retrouve. « Solo je danse les slows »… vous n’imaginez pas le poids de mes larmes à chacun de ces mots. « reviens moi mon alter, reviens moi mon héros »… Alors oui j’ai de nouveau pleuré, j’étais peut-être pas la seule d’ailleurs. Mais la générosité et l’intelligence de cette sublime interprète m’a fait me sortir de ma voiture où j’écoutais les chansons en octobre dernier. L’énergie et la subtilité des mots et des déplacements de la chanteuse sur scène nous ont emmenés dans une magique danse de début de nuit, prometteuse et tellement pleine d’optimisme. Un côté décalé assumé, frais et doux qui nous a conquis à l’image de son cover de Daft Punk « I feel it coming ». Merci Juliette…

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Tour à tour dérangés et engagés, la deuxième partie de nos nuits vous sera livrée très vite…

Texte: Sophie DESREUMAUX

Photos: Thierry TONNEAUX

2 commentaires

  1. Sophie,
    Si un jour tu es en manque de photos, ou de photographe, ça me ferait plaisir (c’est peu dire) que mes photos soient accompagnées d’un aussi beau texte. (même s’il était moitié moins beau, ça m’irait)

    Philippe

    J'aime

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