Parcels + Pépite à Lille le 11 novembre 2018

Depuis l’été 2017, c’est devenu presque maladif. Ce petit trémoussement de tête avec les épaules qui suivent le mouvement avec souplesse. Le bassin qui chaloupe en rythme, genoux et coudes repliés avec flegme. L’envie de se gaver de l’esthétisme des séries anglaises des années 60/70, de porter les bretelles sous le pull à col roulé et plonger dans un univers rétro délicieusement coloré et insouciant, comme nous le proposent si bien les australiens de Parcels depuis leur bombe électro-funky, Overnight, produite par Daft Punk.

Un premier album dans les bacs plus tard, les voilà au rendez-vous à l’Aéronef.

Dans une salle quasi complète et à la température qui contrebalance largement la grisaille automnale qui sévit à l’extérieur, le groupe français Pépite ouvre la soirée. Si tant est que l’on prête une oreille un minimum attentive, ce sont des textes dans la langue de Molière qui se détachent des synthés psychés à en faire apparaître des mandalas multicolores. Une voix nasillarde singulière, qui pourtant rappelle Jean-Louis Aubert et les heures glorieuses de Téléphone, accompagne un rock percussif aux gourmandes influences 70’s et des textes aux relents d’eau salée de Bretagne. Filon à creuser, ça sent le disque d’or…

Quand le noir tombe de nouveau sur la salle, un projeteur fait apparaître le logo de Parcels (un « P » stylisé façon Pan Am Airlines) comme un Bat-Signal au dessus du public : embarquement immédiat. Les cinq mecs de Byron Bay entrent sur Comedown et Lightenup, soit le même enchainement d’ouverture que sur l’album, suivit de près par Hideout, extrait du premier EP qui déchaine la foule et les bouclettes blondes.

En comparaison des morceaux présents sur l’EP, les inédits marquent un net contraste. Moins dans la pure efficacité radiophonique que dans la subtilité, ils perdent par moment l’enthousiasme du public qui a tout de même de quoi se régaler des couleurs vives de la scène et des mouvements de danse contagieux de chacun des musiciens qui semblent chercher à nous faire perdre toute notion de temps et d’époque. Quand l’un d’eux trifouille les fréquences d’une vieille radio (ou d’une machine à voyager dans le temps, allez savoir…), s’ensuit une longue et épique traversée instrumentale, non sans rappeler la richesse mélodique du rock progressif.

Une reprise de Every Night, de Paul McCartney et le rideau du fond de scène tombe enfin, dévoilant un décor à paillettes dorées ultra disco, alors que les grosses machines électro d’Everyroad saturent momentanément les basses : plus de doutes, on est bien en 2018.

Une petite chorégraphie de mouvements d’hôtesses de l’air et l’avion de la Parcels Airlines redécolle de plus belle ! Et sans attendre Overnight pour que la fête batte son plein jusqu’à la fin. Encore un rappel, un salut et les australiens quittent la scène un par un sur le célèbre thème de The Final Countdown.

Avec seulement un album, Parcels impose un univers en brouillant les pistes du temps, embarque le public vers une époque définie par le propre style du groupe. Attachez vos ceintures !

Setlist
Comedown / Lightenup / Hideout / Gamesofluck / Withorwithout / Exotica / Bemyself / Every Night / Older / Yourfault / Everyroad / Tieduprighghtnow / Closetowhy / Overnight / Iknowwhowifeel / Comedown Reprise

Texte et photos : Clémentine Barraban

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