Sleafords Mods à Lille le 11 avril 2018

Mardi soir, c’est à l’Aéronef que l’on se déplace pour voir Sleaford Mods, le groupe post-punk britannique à la notoriété grandissante .

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Le nom du groupe est en partie issu du nom d’une ville du comté de Lincolshire en Angleterre d’où est natif le chanteur, Jason Williamson.

Accompagné de son comparse Andrew Fearn, depuis 2012, ils nous offrent ce soir un concert stylisé. C’est une explosion pour les sens. Pour les oreilles ça va de soi, tant le flow est rapide et maîtrisé… mais aussi visuellement. Williamson propose une chorégraphie bien à lui. On est en effet tout de suite interpellé par le jeu de scène.

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Fearn, debout derrière son pc, appuie sur le bouton pour lancer chaque nouvelle chanson, bougeant sur place au rythme de sa musique, face au public. À sa droite, Williamson, de profil, balance son fiel – les chansons sont toutes engagées – esquissant quelques pas de danse, tout en contraste avec son acolyte pesque statique.

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Williamson se touche perpétuellement, les cheveux, le dos, comme pour donner du corps, encore plus de corps à ses mots. La gestuelle est répétitive et confine au toc. Elle est absolument indissociable des mots qui sortent comme autant de coups droits. Elle les accompagne ou alors c’est l’inverse, on ne sait trop. En tout cas, on se trouve vite fascinés et sans s’en apercevoir les mots nous pénètrent littéralement. Encore une fois, Williamson ne se limite pas à ça… Au delà du style affiché du spoken word, la présence de quelques envolées mélodiques nous ravit ( Dans une interview pour télérama le chanteur expliquait l’année dernière sa volonté de « trouver sa voix » , d’être dans une démarche de recherche constante – Ainsi depuis peu, c’est Williamson qui pose sa voix sur les musiques que lui propose Fearn et non l’inverse, permettant cette recherche).

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Les chansons défilent et on voudrait que ça dure. Willamson ne faiblit pas , il enchaîne les titres, combattant d’un ring qu’il a lui-même créé, ring où l’adversaire est invisible mais palpable. Ring où les mots résonnent comme des uppercuts. Son adversaire invisible on l’identifie pourtant aisément: Les chansons de Williamson parlent de révolte, de chômage et de son Angleterre. (Ces mêmes thèmes on les retrouve dans le documentaire « Invisible Britain » sorti en 2015. Le docu dresse un panorama de l’ Angleterre et de sa politique d’austérité à travers la tournée du groupe et des témoignages des fans).

Pour parachever la métaphore du ring, ce soir Sleaford Mods nous a mis KO. On en sort sonnés et bluffés. Et on en redemande.

TEXTE : Marie CAMBON
PHOTOS: ELLE ARTWOKS

Site Officiel

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