Un jour 3 chaud comme la braise au Mainsquare 2018…

Quand j’étais petite, j’avais pour habitude de ne manger que ce qui pour moi avait de meilleur dans mon assiette tout à la fin… comme une sorte de récompense ou peut-être pour garder plus longtemps le goût des bonnes choses… Le jour 3 du Mainsquare avait le goût de la dernière gorgée de vin. Celle que l’on garde pour accompagner ce succulent morceau de fromage affiné dans les règles de l’art. Le dernier, le jour 3 du Mainsquare 2018 recouvrait cette promesse.

Tout juste sortie de notre dernière interview des tremplins 2018 (article bonus à venir) avec ma comparse de choc, nous avons pris en route le concert de Loïc Nottet. Jeune homme à la fois frêle et assuré d’une voix posée même si encore très fragile. À 22 ans on est déjà grand mais encore si jeune. Le chanteur m’a enthousiasmé par son sens du rythme et sa soul R’n’B assumée. Pour ne rien vous cacher je suis moi-même danseuse. Et je n’ai pu qu’être conquise par ce bonhomme fait de rythmes et de beat. Il s’accompagne sur scène de danseurs qu’il rejoint volontiers pour des chorégraphies de qualité. La jeune danseuse qui l’accompagne a ce petit truc de Maddie Zygler rendue éternelle dans le clip Chandelier de Sia. Et c’est agréable à voir. On pense parfois à certains titres de Rihanna notamment Doctor qui dans les intonations se rapproche d’un des meilleurs morceaux de la rappeuse, Bitch, better have my moneyLoïc Nottet est un jeune interprète complet de son temps et le temps lui donnera c’est certain encore plus d’aplomb. Une graine de star à suivre.

 

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Nothing But Thieves

Il est de ces gens sur qui on ne parierait pas un seul centime… mais l’habit ne fait résolument pas le moine. Nothing But Thieves sont de ces gens là. Ils ne payent pas de mine, mais ils s’imposent par leur rock indie. Ils m’ont donc scotché, séché, plaqué dès la première minute… On se laisse porter par la guitare et surtout le chant de Conor Mason. On ne s’ennuie pas une seule une seconde et l’on comprend pourquoi Muse les a choisis pour leur première partie de concerts en France. Côté découverte ce jour 3 était mémorable.

Chaud le Mainsquare 2018… après un passage sous les jets d’eau histoire de baisser un peu la température de nos corps, c’est sur la GREEN ROOM que je poursuis ma soirée. Girls in Hawaii ou l’histoire de 6 garçons sur les vagues… Alors que les derniers morceaux publiés donnent à entendre des ryhtmes électro, la prestation du soir revenait à une page plus rock du groupe. Un concert somme toute doux et harmonieux, des guitares fluides et les voix mêlées presque comme une berceuse des leaders du groupe. On s’attache et on se laisse prendre par les vagues hawaïennes des girls in the stage.

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DANIEL OFFERMANN – Girls in Hawaii

Beaucoup de choses dans mon assiette ce soir là… pas le temps de voir ni de tout écouter… et me voilà de nouveau sur la Mainstage. Je patiente avec les photographes pro à l’entrée du pit, cet espace entre la scène et le public où les gars de la sécurité veillent à la bonne marche de la soirée. Et quelques secondes avant le début du concert comme il est de coutume, l’ordre est donné aux preneurs d’images de prendre place. Un vrai ballet… A chaque fois une entrée solennelle comme l’entrée des gladiateurs dans l’arène musicale. Pas d’armes juste des objectifs de tailles différentes, prêt à capturer l’instant, l’image, le sourire, le clin d’œil des artistes à leur public.

Sophie_DESREUMAUX
IAM

Le public s’amoncelle et se presse derrière les barrières. BIM… 19h30… Un puis deux puis trois DJ prennent place derrière les platines. Puis un, puis deux, puis trois etc. masques apparaissent sur la scène et le côté obscur de la force prend place. Quand on a un peu plus de 30 ans aujourd’hui on a grandi avec le rap, on a grandi avec MC SOLAAR, NTM et bien sûr IAM. Les Marseillais se posent sur la scène sans vraiment s’imposer. Les titres s’enchainent mais rien de neuf. Un set que l’on a déjà vu et revu. Et c’est dommage. Alors oui… ça fonctionne et c’est évident ! IAM c’est un pan de l’histoire de la musique française et les premières places du TOP 50 ils les ont occupées. Le public respire le flow et se souvient de façon nostalgique de L’Ecole du micro d’argent, Demain c’est loin, Elle donne son corps avant son nom… Et voilà que les petites notes disco retentissent… « Tu es fada… » et toutes les répliques se suivent comme dans un vieux film digne des Tontons flingueurs reprises en cœur par le public… « Oh cousine, tu danses ou je t’explose?« , « La main sur le volant avec la moquette », « Je danse le MIA, pas de pacotille, Chemise ouverte, chaîne en or qui brille ». Et parce que les paroles d’IAM sont aussi le témoignage de notre société, je vous laisse avec le sublime Né sous la même étoile, « pourquoi fortune et infortune… »…

Les choix musicaux de l’organisation sont parfois « douteux » ! Non pas dans le choix des artistes programmés mais dans celui de la bande son qui est diffusée juste avant le début des concerts pour signifier au public qu’il va commencer. C’est donc sur l’émouvant Unchained Melody que Portugal. The man a été accueilli. Choix farfelu qui a tiré sur les cordes sensibles de mon cœur de jeune fille… décalé et surprenant comme l’a été la prestation de ces Américains. Le concert s’est ouvert sur The wall de Pink Floyd. Déroutant pour moi qui avais en tête le « Ooh woo » mainstream et entêtant de Feel it still… Les membres du groupe sont charismatiques et solides sur scène. Je m’amuse donc de m’être laissée berner par ce refrain entêtant. Seul bémol, la choriste d’apparence si douce est abandonnée en fond de scène. La prestation gagnerait en élégance à lui accorder une place à la hauteur de sa beauté et de sa voix.

 

Le Mainsquare c’est aussi des changements de plateau et des allers-retours d’une scène à l’autre… Bal gymnique et incessant où nous slalomons l’un entre les autres.

IMGP0816Une silhouette délicate, un petit lutin qui lui aussi slalome entre sofa et téléviseur, un clip révolutionnaire pour l’époque… de ce Jamiroquai là reste la voix et la furieuse envie de partage. Le casque lumineux sur la tête, la veste de survêtement blanche d’une taille trop petite pour lui, il passe en revue tout son répertoire. Justesse de la voix contre maladresse du corps, on reconnait tout de même son sourire et son funk. Quel pur plaisir que de réentendre les titres qui ont créé le personnage Jay Kay! De la bonne humeur, de la positive attitude et du rythme.Tous les morceaux ont été revus, remastérisés, agrémentés et surtout allongés. La playlist n’en finit pas pour le bonheur des fans. Certains diront que le souffle lui a manqué, que des pauses lui ont été nécessaires et qu’importe…! Jay Kay était avec nous dans toute sa générosité. Généreux oui jusqu’au bout à ne pas vouloir nous quitter. Généreux jusqu’à lancer sa paire de gants blancs dans la foule. Un superbe cadeau à celle ou celui qui est aujourd’hui en leur possession. J’ai aimé les yeux pétillants du chanteur, j’ai adoré son âme. Petite douceur d’un soir d’été.

Avant de quitter la citadelle, le corps fatigué et le cœur rempli d’émotions, je reste encore pour découvrir Orelsan. « Aurélien une chanson » crie le public surexcité. Le rappeur apparait dans une ambiance sombre et une scène remplie de fumée, on le distingue à peine. Le public adhère et le chanteur s’en amuse.

La citadelle ferme ses portes sur le Mainsquare 2018… Et moi qui ne sait pas dire au revoir, je marche à reculons pour profiter jusqu’au bout des starlights qui ont habillé Arras pendant ces 3 jours.

Texte et photos: Sophie DESREUMAUX

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