Download Festival 2018 ce qu’on retient

Pour sa troisième édition, Live Nation a rassemblé le gratin du metal mainstream sur sa base aérienne 217 de Brétigny-sur-Orge. Retour sur quatre jours de concerts avant de conclure avec un petit mot sur le festival qui nous a fait passé par toutes les émotions.

POGO CAR CRASH CONTROL – Un crash test en plein dans la fosse.

Aussi énergique que leurs jeunes âges, le quatuor démarre tambour battant pour réveiller la base aérienne constitué essentiellement d’une foule à convaincre. A grands coups de cabrioles, de riffs ravageurs, de guitares balancées en l’air, de morceaux joués debout sur la grosse caisse de la batterie, et de solos distribués à même le sol. Il en fallait pas plus pour avoir un public conquis et à se déchaîner intensément sur le son punk/garage/grunge/thrash de PCCC. Et bien que n’étant pas très fan de leurs réalisations studios, je me suis surpris à bouger la tête frénétiquement et vous invite clairement à aller taper du pied dès que les garçons, et LA bassiste, se produisent près de chez vous.

GRAVEYARD – Un voyage envoûtant.

Fraîchement reformés après une pause de … quatre mois, Graveyard va nous proposer pendant les 45 minutes de set un voyage dans les sonorités envoûtantes des seventies. Marqués par un charisme certains, on se laisse transporter, posséder par la musique, fermant les yeux, ondulant nos corps. Et bien que la communication entre les musiciens et le public se résume à de timides mercis, on ressentira une démarche sincère, sobre, à leur image qui a conquis une Warbird stage remplie d’applaudissement chaleureux, quoique déçu d’un temps de jeu trop court.

FRANK CARTER & THE RATTLESNAKES – Une bête / un prêcheur de scène.

Il n’est plus à présenter, Frank Carter est un véritable showman, prêt à se donner corps et âme et à se livrer littéralement au public. Des sirènes annoncent le début des hostilités. Et ça commence fort, le public est à son image. Déjanté, fougueux, survolté, dynamique, heureux de voir et même porter leur idole. Car comme à son habitude, Frank Carter viendra chanter, soulevé par une foule en délire.

Mais, car il y a un mais, que de blabla. On est pas contre les interventions des artistes, mais lorsque sur une heure de set, on a droit à 9 chansons, on a le droit d’avoir un goût amer dans la bouche, car on retiendra surtout l’anniversaire du tour manager qui viendra le fêter dans le pit à grands coups de champagne, que son fils lui manque car c’est la fête des pères, et qu’il faut faire attention – évidemment – au pogo/slams/circle pit et relever ceux qui tombe… Une évidence.

SEETHER – Un show réservé.

Vu en fin d’année dernière dans un show sobre au Bataclan, je suis surpris de voir la Warbird Stage assez bondée pour Seether qui, rappelons le, jouait juste avant les Guns N’ Roses. Pas de grande entrée en scène, le groupe s’avance, avec un Shaun Morgan, leader, au chant et à la guitare, sur le côté de la scène avec la réserve qu’on lui connait, qui s’effacera volontairement, avec quasiment aucune lumière sur lui, le visage caché par ses cheveux, laissant ses musiciens de mettre l’ambiance au grès des chansons qui auront bercé mon adolescence.

ROYAL REPUBLIC – Un régal royal.

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Vu il y a quelques mois au Splendid de Lille, je savais à quoi m’attendre au show des suédois, et bien que précédant The Hives plus tard dans la journée, la troupe de Adam Grahm ne se laissera pas démonter et proposera un show bourré de bonnes énergies, habillés de smokings aux paillettes dorées , où on se laisse prendre au jeu, tapant fort du pied sur le sol, tout en groovant au rythme des sonorités à la fois rock , punk et pop sous couvert d’humour et d’autodérision. Pour preuve, un cours de drague pour les hommes que nous sommes, où, en montrant sa guitare acoustique, assure que c’est l’arme sexuelle la plus dangereuse au monde. Et ça marche au vu du public féminin nombreux au pied de la Main Stage 2.

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A la fin du set, le public ne semble pas vouloir quitter le groupe si bien que le chanteur indique la direction de la Main Stage 1 où Frank Carter commence son concert. Effectivement, on aurait voulu que ça dure plus longtemps, et eux aussi, au vu de leur plaisir et leurs sourires communicatifs.

TURBONEGRO – Punk Kitch.

C’est au tour des norvégiens d’enflammer les planches de la Main Stage 1 bien décidé à remuer les fesses des festivaliers, présent en nombre dont la célèbre Turbojugend, sorte de fan-club prêt à mettre d’ambiance.

Avec un dernier album Rock n’ Roll machine, qui reste un des meilleurs de cette année pour l’instant, leur prestation était attendu, et quelle claque ! Les membres du groupes arrivent tous dans un costume différent, un fermier du fin fond de l’Amérique profonde, un policier, l’un portant un costume tout argenté féminisant à souhait, et le chanteur, sorte de gros nounours mais dont on aimerait pas avoir à faire un samedi soir dans un bar dans la nuit froide de leur Norvège natale. L’ambiance est là, motivée par chacun des musiciens et du chanteur nous invitant à taper des mains, à sauter, à chanter, à danser… Et bien que le son soit un poil grésillant, on profite du mixage en s’époumonant sur les tubes du groupes, avant de conclure sur un attendu I got erection et ses  »Wow Wooow Wow  » repris en cœur par un public heureux d’avoir assister à une forte prestation.

ALESTORM – Accostage du fun.

Les pirates d’Alestorm débarque sur la base aérienne avec leur canard jaune géant qui trône au milieu de la scène et qui s’envolera dans le pit quelques chansons plus tard. L’horaire est idéal pour retrouver nos écossais, eux qui n’en finissent plus de venir dans notre pays depuis la sortie de No grave but the sea – et on va pas s’en plaindre.

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Comme d’habitude Keelhauled ouvre le bal, donnant le coup d’envoi de slams incessants sur les têtes de festivaliers réunis en nombre sous un soleil de plomb. La setlist sera le point fort du concert car tous les albums, et surtout tous les titres pour faire la fête, seront joués. Rien de nouveau certes, mais rien ne pourra empêcher la joie de tout le public répondant à toutes les remarques du chanteur, très sexy dans son kilt, ses sandalettes et son t shirt marqué  » I got lost in the gay dolphin  ». Drink unira la foule qui tire la langue après 50 minutes de set et c’est l’heure de se quitter sur les  » Fuck you  » tout sourire du groupe avec leur Fucked with an anchor, histoire de finir le show sur une touche d’humour.

MASS HYSTERIA – Star d’un soir.

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Énorme privilège pour nos chouchous français de Mass Hysteria de bénéficier de la Main Stage 2 en co-tête d’affiche du dimanche et on ne pourra que tirer notre chapeau à Mouss et sa bande d’avoir jouer le jeu et d’avoir sorti les gros moyens pour tenir en haleine un public parqué en nombre devant un immense rideau griffé au logo du groupe nous empêchant d’apercevoir ce qui se prépare.

Derrière, Mouss nous chauffe disant que c’est bientôt à eux et que la furia va s’abattre sur le Download. 20H et des sons de percussions plus tard, le frontdrop tombe et la scène se dévoile. D’énormes tambours tribaux ornent la scène avec six membres de l’armée des ombres immobiles disséminés sur scène. Le groupe arrive et la Furia commence.

Pas une minute à perdre et la fosse se retourne complètement. Les gens pleuvent sur nos têtes et les épaules sont mises à rudes épreuves. On profite de ce moment, aussi bien nous, fans, de voir ce groupe bien de chez nous en tête d’affiche d’un gros festival, et Dieu sait qu’ils le méritent, que les Mass sautillant partout, montant sur les enceintes, descendant, comme à leur habitude, dans la fosse jouer leur Vector Equilibrium.

Des ballons aux lettres du groupe viendront voler dans le pit alors qu’on peut apercevoir sur ceux-ci la sortie de leur nouvel album  »Maniac » le 26 octobre prochain.En fin de set des pompom girl viendront sur scène faire leur plus belle chorégraphie sur  »To the Dancefloor’ où nous serons mis à contribution à faire la danse la plus ridicule qui soit, et des danseuses brésiliennes, carrément, viendront danser sur leur myhtique Furia.

Une photo de famille pour immortaliser ce moment historique et on attend avec impatience l’annonce de la tournée prochaine.

Chapeau !

THE OFFSPRING – Lycéen retrouvé.

Traversant des générations entières de fans bercées par leurs sons qui arrivent à eux seuls à ramener cette ambiance californienne faite de soleil, de skatepark et de sorties arrosées entre amis sur la plage au soleil couchant, The Offspring était attendu par une foule compacte chauffée à blanc réclamant le groupe à cor et à cri. L’ambiance est pour le moins excellente, et on est ravi de voir les membres visiblement heureux d’être là à juger par leur grands sourires et leur bonne humeur communicative.

La setlist reste sans surprise et ne comporte que les titres fédérateurs, joyeux et immortels pour certains. Tandis que la foule se compresse aux barrières, d’autres préfèrent rester à l’écart pour pogoter ou former des cicle pits plus librement.

On fera tout de même la même critique qu’au Main Square il y a 2 ans, le poids des années se fait sentir, et la voix est plus éraillée qu’auparavant. Toujours est il que c’est une joie de voir The Offspring, leurs concerts restant solides tant le public est acquis à leur cause, reprenant en cœur leurs différents tubes.

GHOST – Où t’est ? Papa où t’est ? …

Dire que j’attendais ce concert est un euphémisme. Leur dernière tournée réussie suite à leur excellent album Meliora qui aura propulsé le groupe en tête d’affiche de tous les festivals du monde, aura donné à leurs fans, ou plutôt leurs disciples, de grandes attentes… Trop ? Peut-être…

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Leur quatrième album Prequelle m’aura laissé un goût amer, mais c’est avec entrain que je me dirige vers la MainStage 2 prêt à donner une chance à ce groupe qui m’aura accompagner depuis 5 ans maintenant et en qui je voyais le futur de la scène metal.

Disons les choses tout de suite, c’est du très grand spectacle qui se déroule devant nos yeux. Une cathédrale érigée en quelques heures pour permettre au groupe de livrer sa messe dans un décor composé de colonnes imposantes, de vitraux, de balustrades, des effets pyrotechniques à foisons, une formation retravaillé, trois guitaristes, deux claviéristes, un bassiste, un batteur et un Cardinal Copia remplaçant feu Papa Emeritus III, clairement moins classe que ce dernier, bien qu’étant très charismatique tout de même.

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Qu’est-ce qui cloche donc me direz vous ? Et bien c’est TROP carré, trop professionnel et autant le dire : sans âme. Très peu d’intervention avec le public, une foule criant comme un concert des One Direction, des discours et effets vu et revus sur les précédentes tournées (confettis et billets de banque). Bien que plus nombreux, ces derniers ne laissent que peu de place à l’improvisation et on regrettera le charme et la claque des précédents concerts que nous avait laissé les précédents Papa Emeritus.

Cardinal Copia (oui, bon, je sais c’est le même Tobias Forge sous le masque depuis toutes ces années) il va falloir innover pour ne pas perdre ton public de la première heure.

GUNS N’ ROSES – Essai tranformé.

Premier, et, seul bémol de la soirée le groupe prévu à 20 heure, arrivera au final vers 20h20 au gré d’images de synthèses qui enchaîneront balles de pistolets, morts vivants, logo du groupe, date de tournée, tank, explosions etc. avec It’s so easy accompagné d’un show pyrotechnique au dessus la scène.

Sur celle ci, on en prend plein les yeux. Entre Axl qui se déhanche sur scène, la parcourant d’un bout un l’autre, ou posé sur son siège en forme de moto derrière son piano pour November Rain, Slash qui jouera de son instrument de manière admirable avec un charisme à tomber par terre, Duff dont la basse sera admirablement mise en valeur… Tous seront mis à contribution pour livrer au Download un show exemplaire.

Toute la discographie du groupe sera au rendez vous, et les reprises seront également jouissive dont le Live & Let die des Wings, Knockin of Heavens Door ou le sublime hommage à Chris Cornell sur Black Hole Sun, finira de nous convaincre que les Guns sont bel et bien revenus d’entre les morts.

Qu’il est loin le temps des prestations chaotiques des Guns, Axl et sa bande reviennent de loin et confirme que le show au stade de France l’année dernière n’était pas un coup de chance, mais qu’ils ont tous retrouvé la flamme d’antan, de part leur prestation scénique ahurissante, mais aussi la voix d’Axl et du jeu de Slash & Co. qui aura tenu en haleine l’ensemble du Download pendant TROIS HEURES TRENTE.

Et le festival dans tout ça ?

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Bien que les concerts furent tous d’une excellente facture, que le son soit parfaitement géré sur l’intégralité des scènes, et que l’espace réservé aux festivaliers que ce soit pour les concerts, mais également sur les parkings soient très appréciable, donnant l’impression de ne pas se marcher dessus, on regrettera tout de même l’absence totale de personnalité au festival de part le manque total de décoration, à part quelques conteneurs et deux avions de chasses aux couleurs du festival, et un terrain non défriché avec des herbes hautes arrivant quasiment aux genoux et non nivelé qui laissera quelques marques suites aux chutes pendant les quartes jours, le Download aura quand même réussi sa mission, à savoir, proposer un festival plus mainstream que son concurrent (qu’on ne citera pas) qui ravira toutes personnes désirant retrouver son âme metalleuse avant de se tourner vers des festivals un peu plus pointu.

Texte : Benjamin WOZNIAK
Photos : Manu WINO

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